Boris Godounov




Boris Godounov  est un opéra de Modeste Moussorgski sur un livret russe du compositeur, basé sur le drame du même nom d’Alexandre Pouchkine et sur l’Histoire de l’État russe de Karamzine.

La musique est écrite dans un style russe qui reflète la connaissance qu'avait le compositeur de la Musique populaire russe et qui rejette volontairement l'influence de l'opéra allemand et italien. Pouchkine a basé sa pièce sur le personnage historique de Boris Godounov et s'est inspiré de Macbeth de Shakespeare. Dans la pièce (qui n'est pas fidèle à l'Histoire) Boris devient tsar après avoir fait assassiner l'enfant Dmitri, l'héritier légitime. Bien que Boris gouverne humainement, le pays sombre dans le chaos et la pauvreté. Un jeune moine vagabond, Grigori, se fait passer pour Dmitri et réussit à épouser Marina, une femme noble originaire de Pologne qui déguise sa volonté de puissance en amour passionné. Après avoir convaincu le roi de Pologne de sa légitimité, le faux Dmitri convainc les Polonais d'envahir la Russie. Boris, bourrelé de culpabilité et de remords et hanté par des hallucinations, sombre dans la folie et meurt en implorant la grâce divine.

Contexte historique.

 Penchons-nous sur les personnages historiques et traçons le contexte : Ivan IV, dit Ivan le Terrible meurt en 1584. Malheureusement, son fils Ivan a été tué par son père deux ans auparavant au cours d’une violente dispute. Un autre fils, Fédor, monte sur le trône. C’est un être délicat, indécis, fragile qui n’a pas été préparé à cette tâche. Ce fils est marié à Irina, la sœur d’un des meilleurs conseillers d’Ivan le Terrible, Boris Godounov. Ce dernier est doté d’une personnalité hors du commun. Il passait pour un parvenu à la cour, mais cela était compensé par son intelligence supérieure, sa grande imagination et son sens politique alliant habileté et fermeté. Ajoutons à cela un charme et une autorité physique qui tour à tour séduisait et impressionnait les boyards. C’était une des rarissimes personnes capable de tenir tête à Ivan le Terrible.

Rapidement, Boris prend de l’ascendant sur son faible beau frère et, pour asseoir son autorité, envoie le reste de la famille impériale à Ouglitch, à deux cents kilomètres de Moscou. Le 15 mai 1591, le tsarévitch Dimitri, un autre fils d’Ivan le Terrible et seul héritier du trône encore vivant, est trouvé mort. Est-ce un accident, est-ce un assassinat ? Les deux thèses courent vite. Bien sûr, on accuse Boris, la seule personne qui a tout à gagner dans cette disparition. Pour faire taire les rumeurs, une commission, présidée par Job, le patriarche de l’Église orthodoxe   et le prince Chouïski, va enquêter sur place et conclut à l’accident. Il faut dire que le jeune garçon est un enfant capricieux, colérique et probablement épileptique.
Boris continue son rôle de régent et quand, en 1598, Fédor meurt sans héritier,
la Douma offre le trône à Boris. Celui-ci se retire au Monastère de Novodievitchi, se refusant à ceindre la couronne (c’est la première scène de l’opéra). Après s’être fait longuement prier, Boris finit par accepter.
Durant les six années qui vont suivre, une série de cataclysmes s’abattent sur
la Russie : moissons perdues, incendies, famines, épidémies, combats, pillages conduisent le peuple au désespoir. Cette accumulation de malheurs, cette malchance ne constituent plus aux yeux du petit peuple une explication plausible. On parle d’un tsar coupable, d’un tsar maudit. L’affaire Ouglitch revient à la surface et un faux Dimitri vient réclamer son trône. Réunissant autour de lui opportunistes, aventuriers et mercenaires, le faux Dimitri défait les troupes du tsar conduites par le prince Chouïski. La suite de l’histoire nous laisse supposer qu’il doit y avoir eu trahison de sa part. Le 13 avril 1605, Boris meurt et le trône passe à son fils Fédor. Mais celui est bien vite renversé au profit du faux Dimitri. Ce dernier sera à son tour victime d’un complot mené par Chouïski, décidément toujours bien placé ! Il réussit à son tour à se faire élire en mai 1606. En 1609, il sera défait à la tête de ses troupes face à l’armée polonaise. Il sera emmené en exil à Cracovie où il meurt l’année suivante.
Boris Godounov fait passer le souffle de l’Histoire à l’opéra comme peu de compositeurs y parviennent, Verdi par exemple dans Don Carlos. Moussorgski montre comment l’Histoire est un tri du passé et comment elle va construire un peuple, une nation, une personne. Mais le passé est toujours là, et Boris ne peut y échapper.

Chef-d’œuvre incontesté de la musique russe du 19ème, « Boris Godounov » est l’incarnation même de l’opéra russe. Moussorgski, que Chostakovitch considérait comme le plus grand compositeur russe, n’était pas un musicien professionnel. « Boris » fut composé alors qu’il était employé à mi-temps dans le service des eaux et forêts

Cette fresque épique, essentiellement basé sur le roman du même nom d’Alexandre Pouchkine imprimé en 1831, est d’une indéniable perfection : écrasé par le remords, Boris, tsar de Russie a « l'âme en deuil ». La longue expérience du pouvoir n'a jamais effacé de son esprit le meurtre de l'enfant, héritier légitime du trône. Cette véritable chronique imagée de l’histoire de Russie au tournant du 17éme siècle, met en scène la crise de conscience du tsar, les loups du pouvoir que l'ambition dévore et le peuple acteur et spectateur de son propre destin. « Coulez, larmes amères » la voix déchirante de l'Innocent accuse Boris Godounov et chante les misères de
la Russie éternelle.

Trop audacieuse sur le plan musical, trop explosive sur le pan politique, l’œuvre, terminée en 1869, fut rejetée par le comité de lecture du Théâtre Mariinsky. L’ouvrage put finalement être monté en 1874, sous la direction du légendaire Édouard Naparvnik. Le public fut enthousiasmé, mais la critique partagée.

Après la mort du compositeur, Rimski-Korsakov entreprit une nouvelle orchestration. En 1963, Chostakovitch proposa au Bolchoï une nouvelle édition. Valery Gergiev rend justice à l’instrumentation originale de Moussorgski et fera entendre au Festspielhaus la version « originale » de l’opéra tout en réutilisant certaines scènes de la version primitive.

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